Interêt pour les traducteurs

Intérêt de présenter le travail du gestionnaire de projet aux futurs traducteurs

Comme nous l'avons signalé auparavant, une grande partie des traducteurs professionnels indépendants travaillent pour des bureaux de traduction. Ils sont généralement en rapport avec un ou plusieurs gestionnaires de projet. Dans certains cas, ils sont les seuls intervenants sur un projet ; dans d'autres, ils s'intègrent à une équipe plus ou moins étendue. Ces équipes prennent dans la plupart des cas une forme « virtuelle », signifiant que les divers intervenants ne se rencontrent pas physiquement, voire ignorent le nombre de personnes travaillant sur le projet et bien entendu leurs nom et coordonnées.

Dans le cadre de tels projets, la position du traducteur peut devenir très vite relativement floue. Principalement pour le traducteur lui-même qui peut éprouver certaines difficultés à se positionner dans le processus devant mener à la réalisation du projet dans son ensemble.

Travaillant généralement à domicile, le traducteur reste en grande partie « isolé » du processus global. Il lui est souvent difficile, voire impossible, d'entrevoir son rôle exact et de comprendre l'impact de certaines instructions ou d'impératifs imposés par le gestionnaire de projet. Pourquoi l'utilisation et le respect de tel ou tel format de fichier sont-ils si importants ? En quoi une configuration bien spécifique des machines est-elle cruciale pour effectuer un travail de traduction donné ? Est-il vraiment nécessaire de respecter des délais définis parfois à l'heure près ? Principalement attaché à sa fonction linguistique, le traducteur peut de temps à autre se poser de telles questions sans pour autant entrevoir l'importance de points spécifiques pour le succès de l'ensemble du projet.

Une introduction à la gestion de projet dans le cadre de certains cours ciblés dans les écoles de traduction permet aux futurs traducteurs d'appréhender l'univers professionnel dans lequel ils seront amenés à évoluer et l'importance de leur intervention dans des projets d'envergure.

En outre, comprendre les diverses notions qu'implique la gestion de projet est loin d'être inutile pour un traducteur indépendant. Faire preuve de rigueur et de professionnalisme, notamment dans la présentation d'un devis ou dans l'établissement d'une grille de prix, peut aisément jouer en faveur d'un indépendant. La compréhension du fonctionnement de la gestion de projet dans son ensemble pourrait de plus donner l'idée aux futurs traducteurs d'étendre leurs activités professionnelles, en s'associant par exemple à d'autres traducteurs, voire même à des intervenants techniques, dans le but de collaborer étroitement sur de plus gros projets qu'ils seraient eux-mêmes incapables d'assumer seuls. Et pourquoi pas, dans de tels cas, décrocher « en équipe » certains contrats juteux avec des clients directs...